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Opération « Enquête d’Afrique »

Comment vit-on les étapes clé de la vie en Suisse et en République Démocratique du Congo ? Quelles sont nos ressemblances et nos différences liées à la culture, à nos croyances et à un contexte de vie différents ? Deux reporters, Noëlla Luzitu de Radio Okapi en RDC et Valérie Kernen journaliste suisse, ont travaillé côte à côte pour réaliser cette série de reportages, regards croisés sur le Cycle de la vie. La naissance, la jeunesse, l’amour, le travail, la mort, autant de thèmes qui guideront nos pas sur le bitume ou dans la poussière.

En Suisse, Noella Luzitu pose son regard de journaliste congolaise sur la société helvétique. Ses surprises et ses interrogations sont celles d’une femme africaine foulant pour la première fois le sol européen. En RDC, Valérie Kernen effectue la même démarche auprès des habitants de Kinshasa et de la région du Bas-Congo. Ces reportages diffusés côte à côte se sont déroulés dans le cadre de l’action "En quête d’Afrique", organisée par la DDC, la Fondation Hirondelle, l’agence InfoSud et la Formation continue des journalistes.

Une série de reportages réalisés par Monsieur T et présentés par Véronique Marti.Diffusés sur RTS La 1ère et Radio Okapi en RDC.

  • Venir au monde

    En République Démocratique du Congo, nous pénétrons dans l’antre de la maternité des "Soeurs des Pauvres de Bergame" à Kingasani, à l’Est de Kinshasa. Dans cet hôpital situé dans un des quartiers les plus défavorisés de la capitale, une trentaine de femmes accouchent quotidiennement. Les chambres sont bondées et les jeunes mamans partagent parfois à deux, voire à trois, un lit d’une seule place.

    En RDC, l’indice de fécondité est l’un des plus élevés au monde, une femme a en moyenne entre six et huit enfants. Bien différent du contexte helvétique... Dans le canton de Neuchâtel, nous rendons visite à Christelle, 34 ans, qui a donné la vie à un petit garçon il y a quelque mois. Elle est seule dans son appartement silencieux. Son fils est endormi. Nous accompagnons mère et enfant chez le pédiatre, où Noella Luzitu tente de comprendre pourquoi les petits garçons suisses ne sont pas soumis aux mêmes rites que les nourrissons congolais.

  • Entrer dans la danse

    Paroles d’ados : entre Suisse et Congo, quelles différences ? Comment perçoit-on sa vie d’un continent à l’autre? Les futurs adultes partagent-ils les mêmes valeurs, les mêmes envies, les mêmes préoccupations ? Afin de mieux connaître la jeunesse helvétique, Noella Luzitu se rend au Centre de loisirs de Neuchâtel. Avec elle, nous faisons la connaissance d’un animateur et de deux jeunes danseuses de hip hop. Entre deux morceaux de musique, elles se confient à la journaliste congolaise, très curieuse de comprendre le fonctionnement des relations familiales en Suisse.

    A Kinshasa, Valérie Kernen s’est approchée d’adolescents également férus de musique, un fan de la pop star Werrason, des jeunes de sortie dans les rues de Kinshasa. Quelle est la réalité et les rêves de cette jeunesse urbaine?

  • L’âme soeur

    Par quel moyen de trouver lâme soeur? Internet ou les forces invisible? Au travers de deux situations particulières, nous découvrons deux manières fort différentes d’aborder l’amour... et la vie en général. En Suisse, assise devant son clavier d’ordinateur, Joëlle fait découvrir à la journaliste congolaise, Noëlla Luzitu, le monde des sites de rencontres via Internet. Cette Chaux-de-Fonnière de 30 ans prend son destin en main et cherche l’âme soeur par tous les moyens... mais pas pour le mariage.

    En République Démocratique du Congo, l’église ou le féticheur remplace la magie d’Internet. C’est par la prière que Nana tente d’attirer le prince charmant qui lui glissera la bague au doigt. Nous rencontrerons aussi un guérisseur de la région très traditionnelle du Bas-Congo, au sud de Kinshasa. Depuis son sanctuaire rempli de grigris magiques, il nous révèle la raison profonde qui empêchent les femmes de trouver un mari...

  • Au boulot : entre idées reçues et fausses croyances

    Le taux de chômage en Suisse est nettement mois élevé qu’en RDC, mais comment les Helvètes sans-emploi vivent-ils leur statut? Décidée à interroger cette réalité méconnue en Afrique, la journaliste congolaise Noella Luzitu se rend dans un centre de réinsertion pour chômeurs dans le canton de Neuchâtel. Nous voyons comment en Suisse, l’Etat prend la solidarité en charge, alors qu'au Congo la solidarité économique est avant tout une affaire de famille.

    A Kinshasa, au cœur d’un marché animé, Valérie Kernen fait la connaissance d’une "mère courage" qui paye les études de ses cinq enfants en vendant de la friperie. Son fils nous explique les difficultés de trouver un emploi en RDC, un pays où les relations comptent plus que le CV.

  • De l’autre côté du monde

    Dans un petit village isolé du Bas-Congo, nous assistons à l’enterrement d’un vieil homme. Décédé à 69 ans, il a de loin dépassé l’espérance de vie moyenne des Congolais, estimée à 45 ans et demi.

    Le cercueil est mis en terre, bercé par les chants de l’assistance. La famille, les villageois et les habitants des communautés voisines sont tous réunis pour l’occasion. Les cérémonies se terminent par la traditionnelle palabre à l’ombre d’un avocatier, où les représentants des familles maternelle et paternelle procèdent à des discussions rituelles, rivalisant à coup de mots, d’humour et de sagesse.

    En Suisse, l'atmosphère est plus austère. Nous nous rendons à La Chrysalide à La Chaux-de-Fonds, où sont héberges des personnes en fin de vie. Dans ce centre de soins palliatifs, les patients sont soulagés de leurs douleurs mais ne sont plus soignés. Sans espoir de guérison, ils sont accompagnés vers une mort qui se veut certaine, une réalité que certains patients ont encore bien du mal à nommer. Nous parlons de "l’après" avec une femme atteinte d’un cancer généralisé et avec un aumônier. Alors qu’un homme décédé est amené à la morgue dans un cercueil, une infirmière nous explique pourquoi les "gardiens du corps" sont des employés des pompes funèbres et non les proches du défunt... au grand étonnement de la journaliste congolaise Noella Luzitu.

 Congo RDC | 2007