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L’exil des Rohingya en Malaisie

L’Occident a largement entendu parler d’eux au printemps 2015, lorsque des milliers de Rohingya se sont retrouvés abandonnés en mer d’Andaman par leurs passeurs et repoussés au large par les pays limitrophes qui refusaient de les accueillir. Nul ne sait combien sont décédés durant cet épisode dramatique, mais ce n’est qu’un de plus dans l’histoire de ce peuple persécuté et sans patrie. Les Rohingya vivent en Birmanie mais ils ne sont plus reconnus comme citoyens par l’Etat et subissent des persécutions qualifiées, par l’ONU, de «potentiels crimes contre l’humanité» et par d’autres, de nettoyages ethniques, voire de génocide. Ils sont déjà un million à avoir fui leurs terres natales pour le Bangladesh, l’Arabie Saoudite, l’Inde ou plus récemment la Malaisie.


Ce pays à majorité musulmane constitue aujourd’hui une des principales destinations de ces citoyens du monde sans passeport. «Car ici au moins on ne se fait pas tuer», confie Kobir, réfugié dans la ville de Johor Bahru au sud du pays. 55 000 Rohingya étaient inscrits auprès du Haut Commissariat aux Réfugiés en Malaisie en février 2017 mais beaucoup ne sont pas recensés et vivent dans l'ombre d'une société qui ne leur accorde aucun droit. Ils seraient quelques 100 000 à résider dans ce pays, risquant à tout moment l'incarcération pour séjour illégal. Comment être en règle quand on n'a pas de passeport, ni de citoyenneté?

Un reportage de Valérie Kernen, réalisé par Rodolphe Bauchau, présenté par Muriel Meyrat et diffusé dans Point de fuite sur RTS La Première.

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 Malaisie | 2017