Voix du Monde

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Quand les femmes prennent le pouvoir

Au sein des 100 plus grandes entreprises suisses, seuls 6% des membres de direction sont des femmes et le pourcentage, 13%, est à peine plus élevé dans les conseils d’administration. La Suisse est à la traîne, même par rapport à certains pays d’Asie. Pourquoi les femmes sont-elles à ce point sous-représentées dans les hautes sphères du pouvoir? Pourquoi est-il si difficile aujourd’hui encore de briser le fameux «plafond de verre»? Et que se passe-t-il quand les femmes prennent le pouvoir ? Sont-elles des dirigeantes comme les autres?


Photo de l'Ambassadeur suisse Heidi Tagliavini lors de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE à Copenhague.
Source: Flickr - oscepa: https://flickr.com/photos/[email protected]/16405039749
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Cinq reportages de Valérie Kernen, réalisés par Christophe Bauchau et présentés par Véronique Marti dans l'émission Vacarme sur RTS La Première.

  • 1. Apprendre le pouvoir

    Le parcours des femmes et des hommes dans les entreprises n’est pas identique et la manière d’envisager une carrière non plus. Selon plusieurs études, les femmes auraient des freins intérieurs que les hommes ignorent, et vice versa. A Lausanne, l’association Pacte a mis sur pied une formation destinée aux femmes cadres, pour les aider à booster leur carrière et à briser le fameux « plafond de verre ». Reportage et rencontre avec une des participantes, Anita, 35 ans, cheffe de service dans une grande banque de Suisse romande et mère d'une petite fille.

  • 2. Femme-quota

    Manon Schick a commencé comme stagiaire bénévole au sein de la section suisse d’Amnesty International, elle en est aujourd’hui la directrice générale. Une grosse machine qui regroupe près de 2000 militants, 51 salariés, une dizaine de stagiaires et des bénévoles répartis entre le siège principal à Berne et les bureaux régionaux de Genève, Lugano et Zurich. A 40 ans, Manon Schick n’a pas honte d’être une « femme quota ». Le système a été mis en place par Amnesty pout obtenir un meilleur équilibre au sein de ses organes dirigeants où les femmes étaient même absentes de la direction. La discrimination positive est-elle une solution ? Ce n’est pas l’avis du responsable RH de la Vaudoise Assurance qui intervient également dans ce reportage.

  • 3. Celle qui dirige à la baguette

    Elle tient sa baguette dans un gant de velours. La Française Claire Gibault est une des rares femmes cheffes d’orchestre à avoir acquis une renommée internationale. Elles sont très peu à pratiquer ce métier et encore moins nombreuses à percer. Durant la saison 2013-14, seuls 17 concerts (sur 574) ont été dirigés par des femmes dans les différentes salles de l’Hexagone. Claire Gibault, qui a fondé son propre orchestre en 2011, le Paris Mozart Orchestra, témoigne de son parcours et des freins rencontrés hier comme aujourd’hui dans un univers dominé par les hommes.

  • 4. Managers, pas ménagères!

    Dans l’économie privée, certaines entreprises mènent une politique active de promotion des carrières féminines. A la clé, flexibilité des horaires et du temps de travail. La mixité - vue comme un facteur de prospérité - est visée aux différents niveaux de la pyramide hiérarchique. Mais ici pas question de quotas, c’est la loi du mérite et des objectifs à atteindre qui domine.
    Susan Betito Vandewalle, âgée de 36 ans et mère de deux enfants, est la directrice générale de la section suisse d’Eli Lilly, la dixième plus grande entreprise pharmaceutique au monde. Lors des rencontres entre les dirigeants de la pharma en Suisse, elle est bien seule à représenter le sexe féminin. Mais dans les locaux de la multinationale basée à Genève, les femmes sont omniprésentes et même majoritaires au sein de la direction.

  • 5. Des femmes au plus haut niveau

    Heidi Tagliavini est un nom très connu dans le monde diplomatique. Ambassadeur suisse, elle a mené sa carrière principalement dans les pays de l’ex-Union soviétique et s’est illustrée dernièrement dans le rôle majeur qu’elle a joué lors des négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine. A son retour en Suisse, elle témoigne de son statut de femme dans ce contexte particulier de la diplomatie internationale. Nous entendrons également le témoignage de Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération à deux reprises, qui malgré son statut de première femme du pays n’a pas été épargnée par les discriminations, en Suisse comme ailleurs.

 Enjeux sociaux | 2015